Fès est l'une des grandes villes du Maroc, située à 60 km à l'est de Meknès.Emploi Fès
La ville de Fès compte actuellement environ 1 050 000 habitants et se divise en trois parties :
* Fès el-Jedid : édifiée au XIIIe siècle par les Mérinides, elle est une cité administrative et royale où le Roi aime à se rendre pour marquer la solennité d'un évènement ou l'importance d'une décision ;
* Fès el-Bali : le plus vieux quartier, édifié par les Idrissides ;
Fès el-jedid et Fès el-Bali forment la médina de Fès, faisant partie du patrimoine mondial de l'UNESCO.
* Fès ville nouvelle (Dar Dbibegh) : construite par les Français au temps du protectorat. C'est dans cette partie de Fès que se rencontrent modernité et tradition.
La Médina de Fès abrite actuellement une population de 156 000 habitants.
Sa médina, la plus vieille et grande du monde, un exemple modèle d'une ville orientale, est placée sous la protection de l'UNESCO[3] ; elle est inchangée depuis le XIIe siècle. Le bleu profond de ses céramiques est l'un des symboles de Fès. Son rayonnement international passé en fait l'une des capitales de la civilisation arabo-musulmane aux côtés de Damas, Bagdad, Cordoue, Tlemcen, Grenade...
Selon une légende, le nom de la ville viendrait de la découverte d'une pioche (arabe : فأس [fa's], pioche) à l'emplacement des premières fondations.
L'origine du nom de la ville de Fès
La croyance populaire veut que le nom de la ville de Fès ait trouvé son origine dans la découverte d'une pioche sur le chantier de construction. Une autre version affirme que, lors de l'inauguration de la ville, on offrit à Idrîs Ier son fondateur, une pioche en or. Ce dernier aurait alors donné le nom de Fa'as (« pioche » en arabe) à la nouvelle cité.
un autre version dit que La ville de Fès est une des premières villes construites par les musulmans au Maroc. Avant l'arrivée de l'islam, les populations berbères ne connaissaient pas de préférence pour la gauche ou la droite. Les gens pouvaient manger avec la main gauche ou la main droite sans problème. Ceux qui avaient embrassé l'islam ne mangeaient qu'avec la main droite et n'employaient que cette main droite pour saluer, etc. Il y a de la baraka dans tout ce que nous accomplissons avec la main droite.
Étant donné que la ville de Fès a été construite par ceux qui appliquaient les règles de l'islam ; particulièrement la préférence de la main droite à la main gauche. La population de la région appelait la communauté habitant Fès : Les droitiers en berbère : I Fasiyen qui veut dire les droitiers. Ti Fasiyin qui veut dire les droitières. Les habitants de cette ville sont toujours appelés I Fasiyen. Un habitant de Fès s'appelle : A fasiy (« le droitier »), et une habitante de la ville s'appelle : Ta Fasiyt (« la droitière »)
Moyen Âge
Aux Xe et XIe siècles, la ville de Fès est prise par les Maghraoua. Elle sera le théâtre de bataille entre les tribus Zénètes Maghraoua et Banou Ifren pour sa gouvernance.
Les deux parties de la ville s'unissent au Moyen Âge en 1069, détruisant le mur qui les séparait. Fès perd son rôle de capitale avec la fondation de Marrakech et Tlemcen par la dynastie almoravide au XIe siècle mais le reprend en 1250 grâce à la dynastie mérinide. Sous leur règne, la nouvelle ville El Medinet El-Beida (la ville blanche) est fondée en 1276 ; elle est équipée de remparts, de palais et de jardins. Elle est rapidement connue sous le nom de Fès Djedid (la nouvelle Fès) en opposition à Fès el Bali (la vieille ville). La population juive qui se trouvait aux alentours du palais est forcée de partir et le Mellah (quartier juif) se forme dans l'ancien quartier de la garnison des archers syriens. Au début du XIVe siècle (apogée de l'art hispano-mauresque), la ville connaît une forte croissance. L'université Quaraouiyine est alors connue mondialement. Grâce aux caravanes allant jusqu'au port de Badis dans le Rif, Fès est en permanence liée à l'Espagne islamique et à l'Europe. En 1471, la ville tombe aux mains de la dynastie Beni Wattas qui fonde le royaume de Fès.
XVI - XVIIIe siècles
En 1522, Fès souffre d'un tremblement de terre qui détruit la ville en partie. Dans les années qui suivent, de nombreux bâtiments sont reconstruits, restaurés ou remplacés par des nouveaux. La dynastie des Saadiens prend la ville en 1554 mais choisit Marrakech comme capitale. À la fin du XVIIe siècle, avec les débuts de la dynastie alaouite, Moulay Ismail choisit Meknès comme nouvelle capitale. Il installe à Fès une partie du clan des Udaia qui l'avaient aidé à gagner le pouvoir. Après sa mort (1727), les Udaia se révoltent, ils ne seront chassés de la ville qu'en 1833 par Abd al-Rahman. Moulay Abdallah, le successeur de Moulay Ismail, fait de Fès son lieu de résidence et fait rénover ou construire mosquées, écoles (madrasas), ponts et rues, les rues de Fès Djedid sont pavées.
XIXe siècle
Au XIXe siècle, les deux anciennes parties de la ville sont reliées à de nouvelles constructions comme le palais bouloudjoubou. Jusqu'au début du protectorat en 1912, Fès est la capitale du Maroc.
Le protectorat français et l'indépendance
C'est à Fès que le traité de protectorat français et espagnol (pour le Nord du pays ainsi que le Sahara Occidental) est signé le 30 mai 1912. Moins de trois semaines après la signature, des émeutes éclatent dans la ville. Rabat est déclarée officiellement capitale du Maroc, Fès reste cependant un important lieu de résidence royale et un centre culturel, artisanal, commercial mais aussi politique. L'istiqlal (Parti de l'Indépendance) est établi à Fès par Allal El-Fassi. Beaucoup des initiatives pour chasser l'occupant français partent de Fès. En 1944, est rédigé le manifeste pour l'indépendance dans une maison de l'ancienne médina, aujourd'hui place de l'Istiqlal. La ville sera l'objet d'émeutes dans les années 1980 et début 1990.
Sous la direction de Lyautey et d'après les plans de l'architecte Henri Prost, une nouvelle ville se développe dans les environs de Dar Debibagh au sud de Fès Djedid. Si elle fut dans un premier temps le quartier résidentiel des européens, la « ville nouvelle » a continué à se développer comme ville arabe moderne avec de nouveaux quartiers de villas. Les autorités, institutions et entreprises de services s'y sont installées.
Une des conséquences du transfert de la capitale est l'exode d'une grande partie de la population vers Casablanca, Rabat et dans une moindre mesure Tanger. Du simple artisan fassi à l'entrepreneur en passant par le lettré beaucoup furent obligés de quitter une ville qui avait perdu son statut.
Climat de Fès
Fès est située près du Moyen Atlas, à l'intérieur des terres ; elle bénéficie d'un climat méditerranéen mais fortement mâtiné de continentalité et subissant l'effet de versant des montagnes Le froid hivernal rappelle très souvent la neige abondante du Moyen Atlas à 60 km au sud de la ville. Cela se traduit par une forte amplitude thermique. L’hiver peut, en fonction de l'altitude, s’avérer très rigoureux. On dit qu'il neige à Fès un an sur deux ou un an sur trois. Les précipitations annuelles sont comprises entre 600 et 700mm.
Le voyage y est possible toute l'année, mais le printemps (avril et mai) et l'automne (mi-septembre à fin octobre) sont les deux saisons les plus agréables, comme pour l'ensemble du pays d'ailleurs. En avril, les températures moyennes maximales sont de 18 °C et les minimales de 8 °C. En septembre, les minimales sont voisines de 15 °C, tandis que les maximales dépassent légèrement les 27 °C.
L'été, les températures moyennes maximales montent jusqu'à 35 °C. Mieux vaut sortir le matin et le soir pour profiter de la diversité des paysages de la région.
Enfin, l'hiver est, comparativement aux régions littorales ou méridionales, froid. Cependant, il paraît beaucoup plus doux que celui des régions de l'Oriental, du Rif ou de l'Atlas.
Économie de Fès
Fès fonde de grands espoirs sur le tourisme. L'infrastructure hôtelière a connu ces dernières années une croissance rapide, ainsi que celle des maisons d'hôtes traditionnelles appelées "Riads".
La ville est très connue pour son artisanat très riche, dont le savoir faire est jalousement gardé et transmis de pére en fils depuis des générations.
Située dans la riche plaine du Saïs, Fès a une importante Industrie agroalimentaire.
Tourisme à Fès
Ces dernières décennies, le tourisme n'a cessé de se développer (1 million de visiteurs par an) et est devenu un important facteur économique. Fès propose des manifestations culturelles telles que le Festival de Fès des musiques sacrées du monde au mois de juin de chaque année. De nombreux étrangers se sont installés à Fès et ont ouvert des maisons d'hôtes. Fès est la ville touristique évidente. S'il en est pas ainsi quelle autre ville au monde pourrait l'être. En effet, l'ancienne médina est riche en patrimoine. Ses remparts, ses chateaux, ses mosquées, ses rues aux milles senteurs, ses souks qui n'existent nulle part ailleurs. On peut ainsi faire le tour de la ville en passant par les portes légendaires de Bab El Guissa vers le nord est, Bab Ftouh vers l'est sur la route de Taza, qui mène d'ailleurs aux thermes de Sidi Harazem, Bab Jdid, la porte d'entrée la plus proche pour accéder aux souks. Bab Boujloud vers l'Ouest. Chacune de ces portes a ses caractéristiques avec notamment Bab Boujloud , la porte caractérisée par la mosquée qui porte le même nom, et les deux principales rues qu'elle dessert avec La Talaa lekbira où on peut apprécier la Medersa Bouananya et ses horloges suspendues, et la Talaa Sghira où on peut apprécier les bouquinistes. Ces deux rues mènent aux souks D'al Attarine (souk aux épices et au henné) de même que vers le quartier Moulay Idriss où peut voir le mausolée du fondateur de la ville (deuxième roi de la dynastie idrisside, descendants de Mahomet), mais aussi les tanneries de Guernize et celles plus loin de Blida (Chowara). La mosquée el Quaraoyine est la jumelle de celle de Kiraouane. Cette grande mosquée connue dans le monde entier est située au centre des souks de l'ancienne médina et toutes les portes précédemment citées y mènent. La place Chemaïne est connue du commerce des dattes et des noix mais aussi de son artisanat (Ceinture sertie au fil doré dit de sicile) et d'autres effets utilisés par les mariées. Parallèlement à cette place, de l'autre côté on trouve la place Seffarine qui est connue par ses fabriques de plateaux de cuivre et de bronze travaillés à la main et qu'on peut apprécier tout au long de cette place. Dans cette même place existe la grande et prestigieuse bibliothèque AL Karaouiyne. L'ancienne médina est traversée par une rivière légendaire qui divise la ville en deux parties dites Aadwa. Ces deux rives datent du premier roi idrisside Idriss Ier qui s'est installé sur l'une des rives, son venu était venu s'installer sur la rive opposée après l'assassinat de son père. On peut avoir une vue panoramique en prenant la route menant de Bab did à Bab Ftouh juste au pied de la colline qui abrite Borj Dhab ou encore par l'autre rive du côté de Bab el Guissa. La vue est d'ailleurs imprenable. De là on peut définir et identifier les différents quartiers de la médina de même qu'on peut apercevoir toutes ses minarets commençant par celle de la mosquée Quaraouyinne. Plusieurs medersas (écoles) peuvent être visitées avec notamment la medersa d'El Attaryne, celle de RAs echaratine, la medersa Bouananya, la medersa de seffarine). En effet la ville de fès jusqu'aux années 60 a été connu comme la capitale culturelle et spirituelle du royaume avant d'être détrônée par Rabatqui abrite la grande université Mohamed V créée dans les années 60. dans la place Seffarine au milieu des ateliers des artisants du cuivre et du laiton (les plateaux et théières...) on peut visiter la grande bibliothèque d'el Quaraouyinne qui abrite des dizaines de milliers d'ouvrages inédits. La maison fassi se distingue par la qualité de son architecture et le professionnalisme des artisans. Les grandes familles fassies s'y installaient et le système patriarcal est resté adopté jusqu'aux années 70. le départ des jeunes pour continuer leurs études à Rabat ou à l'étranger où sont en, vogue de nouvelles carrières (médecine, architecture;;.) a été à l'origine de la dislocation de ce système de famille. Actuellement de nombreuses maisons sont désertée par leur propriétaires ou vendues et rachetées et habitées par plus d'une famille par maison. En effet, ces maisons traditionnelles, plusieurs fois centenaires pour certaines ne peuvent plus être entretenue et souvent restent en ruine. D'où la necessité de sauvegarder de ce patrimoine unique. Les rues sont étroites, les murs s'effondrent par endroit. Le visiteur est étonné d'ailleurs de voir ces murs soutenus par de fros madriers dans les environs du quartier des mosquées Quaraouyine et Moulay Idriss. Le classement par l'Unesco de la ville de Fès au patrimoine mondial de l'humanité semble aujourd'hui dérisoire car ce patrimoine risque de se perdre petit à petit si rien n'est fait pour le sauver.
|